Périgueux
Divertissement
Par André Olivier
Publié le 16/06/2018 à 20:30

A l'infini

Avec ce film de Edmond Carrère, nous sommes plongés dans le monde clos de la Maison d'accueil spécialisée Maud Mannoni – qui créa, à la fin des années 1960, une structure expérimentale destinée aux enfants autistes, psychotiques ou arriérés – pour des adultes atteints de déficiences mentales incurables.

Chaque patient surgit avec ses obsessions – tel Bernard, qui déchire sans cesse ses vêtements – contenues, canalisées par les paroles et les gestes des soignants.

Edmond Carrère a choisi de resserrer son cadre pour abolir l'apparente neutralité équidistante entre patients et soignants qui n'a pas cours, ici. Centré sur les seconds, À l'infini                                       parvient à saisir la proximité des corps, souvent filmés dans le même plan : en lien, dans un mouvement presque chorégraphique rarement interrompu par des images du "dehors", seul espace de repli, de respiration, avant d'y retourner.

Au départ, Carrère devait intituler son film Après Sisyphe. Il faut, avec le philosophe, l'"imaginer heureux", par exemple sous les traits d'une soignante, qui, parfois, fait éclater un                                       sourire sur le visage d'un homme perdu dans son for intérieur.

 

Une production Pyramide Production, avec la participation de TV7 Bordeaux et viàOccitanie, avec le soutien de ZAP’ART et la participation de La Région Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec le CNC, La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée en partenariat avec le CNC, la PROCIREP – Société des Producteurs et l’ANGOA et le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée.