Gard : Bérenger Aubanel, nouveau capitaine de la Nation gardiane, sur les traces du Marquis de Baroncelli
La Nation gardiane - nacioun gardiano en langue provençale - est une institution dont l’origine remonte à 1904 et dont l’appellation a été confirmée cinq ans plus tard par ses prestigieux fondateurs, le poète Frédéric Mistral, prix Nobel de Littérature et le marquis Folco de Baroncelli Javon. Défenseurs de la culture provençale, de sa langue et du costume d’Arles, ces deux grandes figures avaient été les initiateurs au début du XXe siècle de premières fêtes virginenco, aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Une célébration qui existe aujourd’hui encore, marquée par la prise du ruban d’Arlésienne par de jeunes filles désireuses de devenir un jour Reine d’Arles et ainsi de défendre le legs culturel de Frédéric Mistral et des poètes du Félibrige.
Plus de 120 ans plus tard, la Nation gardiane continue de véhiculer les valeurs culturelles de la Provence et de la Camargue, de son imaginaire littéraire, de ses paysages, de sa faune, de sa flore, de ses élevages de taureaux et de chevaux, sans oublier tous les spectacles qui y sont rattachés, courses et autres jeux. Des valeurs défendues par les gardians, les cavaliers emblématiques de la Camargue, issus des célèbres manades, gardiens des troupeaux et des paysages uniques du delta rhodanien.
Arrière-petit-fils du Marquis de Baroncelli, Bérenger Aubanel a été intronisé le 17 mars dernier capitaine de la Nation gardiane. Le huitième depuis la fondation de cette institution composée d’un conseil de trente membres, personnalités du monde provençal et camarguais. Une nomination décidée en début d’année, quelques mois après que la fin de la période de deuil respectée par l’entité après la disparition de son précédent capitaine, Guy Chaptal, décédé le 22 septembre 2022.
Une défense des traditions viscéralement liée à l’histoire de la famille Aubanel, puisque Henri fut également capitaine de la Nacioun durant de longues décennies. Aujourd’hui, Bérenger a repris le trident familial au côté de son frère Réginald, gardien des manades établies à Saint-Gilles mais aussi de la demeure historique du Marquis de Baroncelli, au Cailar, acquise à la fin du XIXe siècle, non loin des prés des Demoiselles. Le pays d’été où venaient paître les bêtes de Folco de Baroncelli.
Un héritage et une dynastie qui rappellent les grands moments de défense portés par la Nation gardiane, comme la Levée des Tridents organisée le 17 novembre 1921, où toute la Camargue et le Peuple du Taureau se levèrent pour défendre l’organisateur d’une corrida aux arènes de Nîmes, qui avait été traduit devant la Justice par la Société protectrice des animaux de l’époque. Un centenaire célébré avec faste il y a quatre ans et qui illustre toujours l’un des piliers fondateurs de l’esprit du Marquis de Baroncelli, camarguais et défenseur de toutes les tauromachies. Un esprit novateur pour l’époque dont le message continue d’être porté par ses héritiers…
En 2025, la Nation gardiane organisera pas moins de 80 sorties et envisage même d’organiser un pèlerinage des gardians à Saint-Pierre-de-Rome, après celui, traditionnel, de Lourdes. D’autres projets sont portés par l’entité comme la formation des jeunes gardians ou encore la modernisation de ses moyens de communication.
Interview : Bérenger Aubanel (capitaine de la Nation gardiane).