Béziers
Politique
Par Richaud Guilhem
Publié le 03/12/2018 à 21:31

Béziers : la crèche de Noël en mairie a été inaugurée


Trois cents personnes ont assisté lundi soir à l'inauguration de la crèche de Noël dans la mairie de Béziers. S'il n'y a pas eu de contradiction publique, le maire, conscient que la justice risque de lui demander de la retirer, a défendu ce choix. C’est sur un ton très solennel, proche de celui d’une homélie, que Robert Ménard, maire de Béziers, s’est présenté à la foule, devant l’hôtel de ville, lundi soir. Il était bien dans le thème puisqu’il était là pour inaugurer, pour la cinquième année consécutive, l’installation d’une crèche de Noël dans l’enceinte de la mairie.


Un rendez-vous qui s’il avait, les années précédentes, reçu une contestation publique, n’a cette fois pas eu de détracteur sur le moment. Cela n’a pas empêché l’édile, dans son discours inaugural, de s’en prendre à ceux qui défendent la laïcité de l’espace public. "De cette crèche, certains vous le savez, ne veulent pas, a-t-il rappelé. Chaque année, c’est un procès qui nous est fait. À l’initiative des gardiens du temple de la loi de 1905. De ces “laicards” qui ne supportent pas que nous soyons fiers de ce que nous sommes."


Ces condamnations, je les porte comme des décorations à la boutonnière


Et quand bien même la justice lui a les années précédentes donné tort, Robert Ménard persiste et signe. "Elle nous vaut chaque année de terminer devant un tribunal. Mais ces condamnations, je les porte comme des décorations à la boutonnière. Comme un acte de résistance".


Devant environ 300 personnes venues pour assister au lever de rideau, le maire de Béziers a rappelé le succès populaire de sa crèche. "Chaque année maintenant elle voit des milliers de Biterrois venir l’admirer, la saluer. Pourquoi un tel engouement ? Parce qu’elle est une partie de nous. De notre mémoire. De nos souvenirs. Elle fait briller les yeux des enfants et attendrit leurs parents. Elle est un pan de notre histoire, de notre culture, de notre civilisation. Je dirai même de notre âme."


Une procédure imminente ?


L’année dernière, une décision du tribunal avait poussé le maire à sortir sa crèche de la mairie, quelques jours après l’inauguration. Elle avait été transférée à l’hôtel Du Lac après une procédure lancée par la préfecture. Du côté des services de l’État on réfléchissait déjà lundi aux suites à donner à cette nouvelle installation, qui pourraient une nouvelle fois aller à l’encontre de la loi sur la laïcité.