Aurignac
Culture
Par Janvore Baptiste
Publié le 26/06/2019 à 18:15

Documentaire : Dans la peau de L’Homme Lion

Il y a un an, au début du mois de juin 2018, l’artiste Abraham Poincheval s’enfermait pour une semaine dans une reproduction agrandie dix fois de la plus vieille représentation anthropomorphique connue à ce jour et datée d’environ 30.000 ans «l’Homme Lion» à Aurignac (31)... Le documentaire réalisé lors de cette performance par Elizabeth Germa est à voir (ou revoir) durant un mois, sur le site internet de viàOccitanie.

Aurignac est un petit village de notre région, situé à 60 kilomètres au sud de Toulouse, sur la route des Pyrénées. 

Le nom du village est célèbre car il fut donné à une période pré-historique clef de l’aventure humaine: l’Aurignacien. C’est cette période qui voit arriver en Europe l’homme moderne, c’elle aussi qui voit naître l’art. La statue de l’Homme Lion est la première représentation humaine connue. En s’enfermant dans cet abri pour une semaine, l’artiste signait une performance riche de sens. "Habiter l’Homme Lion, c’est à la fois faire l’expérience de la grotte et entrer dans l’imaginaire, dans la singularité d’une société."

La reproduction a été placée entre le Musée-Forum et l’abri préhistorique où furent réalisées au XIXe siècle les fouilles qui allaient instituer la Préhistoire comme une pratique scientifique. Car Aurignac c’est aussi l’invention d’une science, la découverte de l’ancienneté de l’Homme sur Terre.


Oeuvre éphémère et documentaire-performance

Le film de la réalisatrice Elizabeth Germa est un challenge. Le cinéma est un art du mouvement, et là il lui fallait filmer une statue pendant une semaine… Alors que les très nombreux journalistes vinrent le premier et le dernier jour de cette performance, elle s’est installée sur la durée. Il en ressort un film singulier qui s’articule de façon très fluide avec l’œuvre éphémère qu’a créé Poincheval et les intentions de l’artiste apparaissent: le thème de l’abri, du cheminement, de l’itinérance et du déplacement et aussi celui de l’environnement naturel. 

Il y a une osmose chamanique qui s’établit entre cette statue habitée et son environnement naturel. Placée sur le sentier qui relie le musée à l’abri, le long d’un ruisseau, des rencontres se créent entre les habitants et l’artiste. Elizabeth Germa filme ces instants, le temps qui s’écoule, le temps qu’il fait. Un travail au long cours comme celui que mène viàOccitanie autour de la volonté de creuser notre terre pour révéler les racines de notre région, leurs relations avec l’histoire de notre continent, leur articulation avec la modernité. C’est un travail que nous menons avec le soutien des institutions, de la Région et avec des scientifiques et artistes régionaux.