Foix
Environnement
Par Chassagnon Franck
Publié le 08/02/2021 à 17:14

Dossier : La complexe préservation de la biodiversité en Ariège

Depuis plusieurs années, l'ours est au coeur de nombreux débats en Ariège entre éleveurs, élus et défenseurs de l'espèce. Une opposition permanente autour d'un dossier complexe : la préservation de la biodiversité sans compromettre la pérennité du pastoralisme. 


C’est un petit coin de Paradis dans notre région qui oscille entre collines, montagnes, communes aux aspects médiévaux, où la nature se dévoile sous tout ses aspects, même les plus sauvages. Sur les hauteurs de l'Ariège, les éleveurs ont mainte fois retrouvé des brebis déchiquetés ou encore à l’agonie à cause de multiples blessures. Un triste spectacle auquel a assisté deux fois Jean Pierre Mirouze. Installé sur la commune de Saint-Bauzeil, il a perdu 250 de ses bêtes en 2019. Des pertes liées à des attaques de prédateurs comme le loup ou bien encore l’ours. Malgré des indemnités de l’Etat perçues à chaque attaque, il reste craintif sur le devenir de son activité.


Trois ours tués en 2020


D’après un dernier recensement de l’office français de la biodiversité datant de 2019, une cinquantaine d’ours vit actuellement dans la chaîne des Pyrénées, et l’Ariège reste un lieu où il est particulièrement présent. Une concentration qui génère de nombreuses tensions entre d’une part les défenseurs de l’ours qui militent pour sa préservation et de l’autres côté les éleveurs et les élus qui souhaitent que l’espèce soit retirée. Des tensions qui ont abouties l’an dernier à la mort de 3 ours, tués de la main de l’Homme.


Préserver l'ours : une obligation juridique et morale


L’Etat a d’ailleurs été mis en demeure de les remplacer par plusieurs associations de défense. Emmanuel Macron en janvier 2020 avait pourtant affirmé sa volonté de stopper son introduction dans les Pyrénées. Une volonté pour les défenseurs de l’ours qui va à l’encontre d’un plan de préservation piloté par l’Etat sur la période 2018-2028. "C'est une obligation juridique de la France, mais aussi morale", explique Patrick Leyrissoux, le responsable de l'association Ferus, qui défend la cause animale. "On ne peut pas dire d'un côté que l'on veut à tout prix préserver la biodiversité, et laisser de l'autre une espèce comme l'ours à l'abandon".