Toulouse
Culture
Par Thomas Anne-Laure
Publié le 10/11/2017 à 05:01

Toulouse : Mission Roosevelt, la ville à portée de fauteuil

Du théâtre de rue pour sensibiliser au handicap. Dans le cadre des huitièmes Rencontres Ville et Handicap, organisées jusqu'au samedi 2 décembre par la mairie de Toulouse, s’est déroulée dans les rues de la Ville rose la « Mission Roosevelt »: une vingtaine de participants, volontaires et valides, ont choisi de s’installer dans des fauteuils roulants pour sillonner les rues et magasins du centre-ville. Objectif ? Appréhender la vie quotidienne des personnes en situation de handicap.

Des défis à relever, un parcours tenu secret et semé d’embuches : 20 fauteuils roulants ont pris d’assaut la ville de Toulouse pour accomplir la Mission Roosevelt, du nom du 32e Président des Etats-Unis qui a sorti son pays de la Grande Dépression et initié la création de l’ONU. 

« On connaît l’homme et ses actions, mais peu de gens savent qu’il les a menées en fauteuil roulant », explique « Madame Roosevelt », une comédienne qui oriente la mission des vingts complices en fauteuil roulant. « Nous pensons que si la vie est un théâtre ce n’est pas parce que nous sommes assis dans un fauteuil roulant que nous devons être des spectateurs. »

Dans cette performance théâtrale, les spectateurs deviennent acteurs. Car ce sont des cobayes volontaires et bien valides qui ont pris place dans les fauteuils, à leurs risques et périls. Pavés, trottoirs, rigoles : en peu de temps, ils réalisent la difficulté de circuler en fauteuil en ville. 

Déambulations dans les rues, visites chez des commerçants, un curieux match d’ « ornythoboule » : imaginé par la compagnie italienne Tony Clifton Circus, et coordonné par ARTO, une association locale située à Ramonville (31), ce spectacle expérimental s’intègre dans les  8e Rencontres Villes et Handicap, organisées par la Ville de Toulouse. Pendant un mois des conférences, des rencontres et des spectacles sont proposées sur le sujet. Pour Christophe Alves, adjoint au Maire de Toulouse en charge du handicap, ces rencontres ont pour objectif de « faire connaître la politique de la ville en matière de handicap », mais aussi de « sensibiliser le grand public afin de changer le regard sur la handicap. »


Un objectif visiblement atteint à écouter les participants volontaires. Après deux heures passées sur un fauteuil roulant, le regard d’Etienne Joly a « totalement changé ». « La moindre petite marche, la moindre petite pente, ça devient une épreuve ». Pour Aurélie Alvarez, éducatrice qui accompagnait 8 jeunes en réinsertion dans ce spectacle, le bilan est double : « On croise des regards, on sent de la solidarité, et c’est déjà beaucoup aujourd’hui. Mais il y a aussi l’inaccessibilité. Impossible d’aller faire ses courses et d’acheter ce qu’on veut sans demander de l’aide, il y a une vraie notion de perte d’autonomie, et là on s’en rend vraiment compte. » 


D’ici 2025, les communes ont l’obligation de rendre accessibles leurs établissements publics. Il y en a 700 dans la Ville Rose, qui a voté un budget de 46 millions d’euros pour relever le défi de l’accessibilité.