Puteaux
Divertissement
Par André Olivier
Publié le 05/05/2019 à 10:00

Moretti ou le monstre oublié

Quelque-part dans les entrailles du quartier de la Défense à Paris, un monstre sommeille, oublié de tous. 

Sous des tonnes de béton, sous les fondations des tours-sièges sociaux de multinationales, gît profondément enfouie l’œuvre d’un artiste oublié, pourtant promis dans sa jeunesse au firmament des plasticiens du XXe siècle.

L’enquête que mène le réalisateur Thibaud Bertrand se mue très vite en une œuvre cinématographique salutaire. Moretti a brûlé ses ailes, l'enfant prodige de Nice a cramé sa vie et sa carrière pour ce Monstre. Œuvre complexe, composite, démesurée, le Monstre comme l'a baptisé Joseph Kessel occupe des centaines de mètres cubes d’un espace étonnamment vide, sous les tours de La Défense après avoir été enfanté dans les studios de la Victorine et être passé par la Halle Baltard.

L’art dit-on guéri les blessures de l’âme, l’art est thérapie. Pas toujours. Pas ici.

Moretti, sacrifia tout à cette œuvre d'art. Cette œuvre qu’il voulait totale, absolue, l’a ruiné, vidé, rongé.

Moretti, les Toulousains le connaissent bien, ce sont ses œuvres qui ornent les plafonds de la « galerue » des arcades du Capitole, place qu’il décora de la croix occitane. Thibaud Bertrand le réalisateur de ce film nous fait plonger dans les tréfonds et les affres de la création artistique, nous allons à la rencontre des proches de Moretti pour mieux re-découvrir un artiste dont le lustre avait pâli.

Une débauche de productions alimentaires avaient terni son image, flétri sa carrière. Nous ne savions pas qu’il devait nourrir ce monstre.

Le documentaire est filmé avec une grande délicatesse, une grande proximité avec ceux qui aimaient Moretti et nous le font aimer. La caméra de Thibaud Bertrand se fait pinceau, les cadres nous renvoient à des toiles de Hokney et quand le point se perd c’est pour mieux partager l’émotion.


Un film de Thibaut Bertrand

Production Wendigo-viàOccitanie-viàVosges, avec la participation du CNC, le soutien de la PROCIREP - Société des Producteurs et de l’ANGOA

Et l’aide à l’écriture de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur