Remoulins
Société
Par Chay Christophe
Publié le 16/09/2021 à 13:45

Violences conjugales : De plus en plus d'affaires traitées dans le Gard

Deux ans après la tenue d’un « Grenelle des Violences faites aux femmes », le CIDFF du Gard - Centre d’information sur les Droits des Femmes et des Familles - organisait au Pont-du-Gard les premières assises départementales consacrées à ce sujet. Un événement coordonné par la Communauté de communes du Pont-du-Gard, et qui a rempli l’auditorium du site. De nombreux acteurs représentant l’Etat, les Forces de l’ordre, la Justice et le Médico-social ont participé à une table ronde d’ouverture précédant la tenue de plusieurs ateliers, étalés sur toute la journée.


Le bilan du Grenelle a été évoqué, et parole a été donnée aux différents acteurs afin d’apprécier les évolutions de la situation des violences faites aux femmes dans le Gard, classé comme le 2e département le plus « violent » en la matière d’Occitanie. Des analyses qui tiennent également compte des travaux de l’Observatoire gardois organisé en juillet 2020. L’entité a été qualifiée de « meilleur accompagnement qui soit » après le dépôt d’une plainte.


Sur ce sujet, le procureur de la République de Nîmes a précisé que les mains courantes étaient désormais prohibées, afin d’assurer un meilleur suivi des victimes et de leurs agresseurs. Au niveau du Tribunal de Nîmes, on note une augmentation de 100% des violences conjugales, avec pas moins de 780 affaires traitées à l’année : « auparavant, on traitait 3-4 affaires par jour, désormais on est passé à 10-12 » souligne le procureur Maurel. Même si le nombre de meurtres diminue, le Gard a encore été frappé par ce fléau, avec une jeune femme tuée par des coups de couteau en juillet dernier à Vauvert.


Outre l’extension du numéro d’appel 3919, 24 heures sur 24, 30 centres de prise en charge supplémentaires ont été ouverts. Il est également désormais possible pour les victimes de déposer une plainte toute en étant hospitalisé. Il revient ensuite au juge des affaires familiales d’éditer des ordonnances de protection, afin d’assurer dans certains cas accueil et hébergement d’urgence.


102 victimes sont à déplorer en 2020 au niveau national. Les bracelets anti-rapprochement ont été mis en place pour anticiper tout problème de conjoint violent ou menaçant. Dans cette mission, plusieurs ministères - Justice, Santé, Intérieur, Education, Travail - sont impliqués afin de d’améliorer les suivis. 1.000 nouvelles places d’accueil ont été créées en 2021 en France, dont 43 dans le Gard, ce qui porte la capacité à 64 dans ce département. Une section gardoise qui réclame plus de moyens humains et matériels, parmi lesquels un poste de référent violence. Au niveau national, ces entités estiment à 1 milliard d’euros le budget nécessaire pour asseoir une action durable afin de lutter contre ce fléau.